Le projet de reprise de la Société Générale par BNP Paribas est soutenu en interne par le président Michel Pébereau désireux de prendre sa revanche sur l’échec de l’OPA de 1999, mais pas par le directeur général Baudouin Prot.
Ce dernier répète à l’envie qu’une telle opération serait destructrice de valeur compte tenu des doublons important dans la Banque de Financement d’Investissement (BFI).
En effet, au cours des dernières années, les deux entreprises ont lourdement investi dans les mêmes métiers de dérivés d’actions.
Pourtant, pour de nombreux opérateurs, le scénario d’une OPA de la BNP Paribas sur la Société Générale semble le plus crédible.
Cette opinion est renforcée par le fait que les porte-parole de la BNP n’ont pas nié « réfléchir » à une telle hypothèse.
Un rapprochement des deux grands groupes bancaires français non mutualiste permettrait d’atteindre une part de marché de l’ordre de 17%.
Le groupe ainsi constitué serait le deuxième groupe bancaire français en terme de part de marché. Mais encore faudrait-il que les autorités de la concurrence donnent leur accord.
Une variante de ce scénario fait état d’un démantèlement de la Société Générale.
Si la banque de réseau en France serait bien reprise par BNP Paribas, les autres métiers (banque d’affaires, activités de marché ) pourraient être revendus à d’autres acteurs.
Cependant les défaillances des emprunteurs subprimes américains devraient mécaniquement continuer à s’accroître jusqu’au milieu de l’année, nourrissant la spirale de la baisse des CDO et des actifs des banques.
Les analystes financiers de Lehman brothers tablent ainsi sur 1,2 milliard d’euros de dépréciations d’actifs supplémentaires pour la Société Générale en 2008.
La dégradation du « rating » de l’établissement par les agences de notation financières va renchérir son accès au capital.
Racheter une banque est donc devenu une opération risquée (on ne connaît pas le degré de risques que l’on rachète) qui ne justifie donc pas de surcote.