Les positions à risque frauduleuses découvertes par la Société Générale sur ses produits dérivés et débouclées dans les conditions de marché difficiles du début de semaine qui expliquent le montant de la perte suscitent des interrogations. Quoiqu’il en soit, cette fraude, attribuée à un seul jeune trader, a fragilisé la crédibilité de la Société Générale sur le marché.
Cette perte de crédibilité a ravivée différents scénarii de rachat de la Société Générale. BNP Paribas qui va publier dès la semaine prochaine des résultats estimés fait figure de prétendant naturel. Un scénario de démantèlement des activités de la Société Générale circulerait également.
Les dirigeants ont profité de cette déconfiture pour annoncer dans la foulée, 2,05 milliards d’euros de dépréciations d’actifs sur les dérivés de crédit américains CDO et 200 millions d’euros de pertes sur les Sicav monétaires dynamiques.
Ces montants tout aussi colossaux que la perte attribuée au jeune trader contredisent les déclarations rassurantes des dirigeants de la banque quant à sa résistance à la crise des « subprimes » sont passés à peu près inaperçus.
Au final, ce sera sans doute le petit actionnaire qui paiera les pots cassés. En premier lieu l’augmentation de capital provoquera une dilution des actionnaires actuels de 15% (calcul fait en se basant sur une augmentation de capital de 5,5 milliard d’euros au cours de jeudi dernier). Ensuite avec un taux de distribution annoncé à 45%, la fraude aura coûté 3,5€ de dividende par action.